BIOGRAPHIES
DES AUTEURS
NOTE : Ne vous limitez pas à lire ces biographies ; cherchez d’autres informations !
| CHARLES PERRAULT | LES FRÈRES GRIMM |
| HANS CHRISTIAN ANDERSEN |
FICHE POUR LA CARTE D'IDENTITÉ |
Charles
Perrault
(1628-1703)
Charles
Perrault était un écrivain français, qui fut à l'origine de la querelle des
Anciens et des Modernes, et qui contribua à mettre au goût du jour le genre
littéraire des contes de fées. Fils d'un parlementaire parisien, il était le
dernier d'une famille de quatre frères, qui se distinguèrent tous sous le règne
de Louis XIV. Son frère aîné, Pierre, était premier commis de Colbert,
et lui-même travailla pendant vingt ans à son service, chargé de la politique
artistique et littéraire de Louis XIV. Contrôleur général des bâtiments
du roi, membre de la Commission des inscriptions publiques (future Académie des
inscriptions et belles-lettres), il fut élu en 1671 à l'Académie française,
où il fut l'initiateur et le principal protagoniste de la fameuse querelle des
Anciens et des Modernes. Depuis la Renaissance, la conception littéraire était
dominée par le sentiment de la supériorité des auteurs de l'Antiquité (grecs
et latins), et l'idéal esthétique du classicisme était fondé, entre autres,
sur le principe de l'imitation des modèles, réputés indépassables, de la
littérature antique. Avec la lecture, le 27 janvier 1687, de son poème
intitulé le Siècle de Louis le Grand, à la gloire du roi, Perrault
exposait devant les académiciens l'idée contenue dans ces deux vers :
"!Que l'on peut comparer, sans crainte d'être injuste, le siècle de Louis,
au beau siècle d'Auguste.!" La querelle était lancée. Deux camps se formèrent
avec, à leurs têtes, Boileau pour les Anciens et Perrault pour les Modernes.
Il développa par la suite ses thèses en faveur des Modernes dans ses Parallèles
des Anciens et des Modernes, publiées en 1688 et 1696, et dans les Hommes
illustres qui ont paru en France pendant ce siècle, avec leur portrait au
naturel (1696-1700). Mais ce n'est pas par ces textes que Perrault a acquis
dans la littérature universelle la notoriété qu'on sait. C'est par une œuvre
de dimensions extrêmement réduites, ses Contes de ma mère l'Oye ou
Histoires et contes du temps passé (1697), recueil de huit contes
merveilleux issus du folklore national. Transmis essentiellement par les femmes,
nourris en partie de l'imaginaire médiéval légendaire, chevaleresque et
courtois, de textes narratifs de la Renaissance italienne, ces contes sont
totalement étrangers à la tradition littéraire de l'Antiquité, et leur
publication constitua une pièce essentielle dans le combat que menait Perrault
en faveur des Modernes. Par ailleurs, leur style simple, "!naïf!",
leur douceur, le fait qu'ils soient écrits en prose, correspondait à l'image
que les Modernes se faisaient de la langue française et s'opposaient à l'académisme,
à la pédanterie, à l'âcreté, à la rudesse qu'ils prêtaient aux Anciens,
en particulier à Boileau. La prétendue destination des Contes aux
enfants est donc une subversion du genre, procédé qui, inauguré par Perrault
et repris après lui aux siècles suivants, répondait à une visée idéologique :
la langue des contes était considérée comme la langue des nourrices, et donc,
métaphoriquement, comme la langue maternelle de la France. Issus du folklore
populaire français pour la plupart, les contes adaptés littérairement par
Perrault n'appartenaient aucunement, en réalité, à la littérature enfantine,
mais à une littérature orale, mouvante, destinée aux adultes des communautés
villageoises, faits pour être lus le soir, à la veillée. Le passage des
contes à la culture, écrite et savante, impliqua un processus de
transformation, paradoxalement aussi profond que peu visible à première vue.
En effet, qui sait aujourd'hui que le Petit Chaperon rouge des versions orales dévorait
la chair de sa mère-grand, et s'abreuvait de son sang!? Qui sait que Cendrillon
jetait du sel dans la cendre en faisant croire qu'elle avait des poux afin qu'on
la laisse tranquille!? Les Contes de Perrault sont le résultat d'une
censure assez nette de tous les éléments et des motifs qui, dans la version
originale, pouvaient choquer ou simplement ne pas être compris par un public
mondain. Mais Perrault ne se contenta pas de retrancher ce que les contes
pouvaient avoir de vulgaire!; il transforma le récit et l'adapta à la société
de son temps, ajoutant des glaces et des parquets au logis de "!Cendrillon!",
restituant l'action du "!Petit Poucet!" à l'époque de la grande
famine de 1693. Parallèlement, il les teinta d'un humour spirituel, agrémenta
le récit de plaisanteries parfois piquantes, destinées à ne pas prendre le
merveilleux des contes trop au sérieux, déclarant par exemple que l'ogresse de
"!la Belle au bois dormant!" veut manger la petite Aurore "!à la
sauce Robert!", que "!le prince et sa belle ne dormirent pas beaucoup!"
après leurs retrouvailles, ou encore que les bottes du "!Chat botté!"
n'étaient pas très commodes pour marcher sur les tuiles des toits. Ce faisant,
il adaptait son style à l'idée qu'il voulait donner des Contes de ma mère
l'Oye, multipliant les archaïsmes et les tournures vieillies, utilisant le
dialogue, le présent de narration ou le jeu des formulettes ("!Anne, ma sœur,
ne vois-tu rien venir!?!"!; "!Ma mère-grand, comme vous avez de
grands bras!"), qui rappellent l'origine orale des contes et leur vivacité.
Intégrant les éléments populaires du conte à une trame romanesque,
multipliant les signes d'une pseudo-oralité, ainsi que ceux d'une fausse
innocence, Perrault transforma le conte populaire, en réalisant un des chefs-d'œuvre
de la littérature universelle, et sauva de l'oubli huit récits traditionnels,
aujourd'hui célébrissimes, qui composent son recueil.
Jacob
Grimm & Wilhelm Grimm
(1785-1863) &
(1786-1859)
Deux
frères allemands, écrivains et érudits.
Ils
naquirent tous deux à Hanau, Jacob le 4 janvier 1785 et Wilhelm le 24 février
1786. Ils firent leurs études à l'université de Marbourg. Jabob était à
l'origine philologue et s'intéressait à la littérature médiévale ainsi qu'à
la linguistique, alors que Wilhelm était versé dans la critique littéraire.
Après avoir travaillé dans la diplomatie et dans diverses bibliothèques à
Kassel, les frères furent engagés à l'université de Göttingen en 1830,
Wilhelm comme bibliothécaire et Jacob comme chargé de cours en droit ancien,
en histoire de la littérature et en philosophie. Toutefois, ils quittèrent
cette université pour des motifs politiques et revinrent à Kassel en 1837.
Quelques années plus tard, Frédéric-Guillaume IV de Prusse les invita à
s'installer à Berlin, ce qu'ils firent en 1841. Devenus professeurs dans son
université, ils demeurèrent dans cette ville jusqu'à la fin de leur vie.
Wilhelm s'éteignit le 16 décembre 1859 et Jacob le 20 septembre
1863.
L'œuvre
scientifique majeure de Jacob Grimm reste sa Deutsche Grammatik (Grammaire
allemande, 1819-1837), qui est généralement considérée comme le
fondement de la philologie allemande. Dans la deuxième édition, parue en 1822,
Grimm expose sa loi sur le changement et le déplacement des sons, loi qui
contribua à la reconstitution des langues mortes. Il écrivit également Über
den altdeutschen Meistergesang (Poésie des maîtres chanteurs, 1811), Deutsche
Mythologie (Mythologie allemande, 1835) ainsi qu'une Geschichte der
deutschen Sprache (Histoire de la langue allemande, 1848). Au nombre des
publications de son frère Wilhelm Grimm se trouvent plusieurs livres ayant pour
thème la littérature et les traditions populaires allemandes, parmi lesquels
les Altdänische Heldenlieder ! ("Anciens chants héroïques danois!",
1811), Die deutschen Heldensage ("!les Légendes héroïques de
l'ancienne Germanie!", 1829), Rolandslied ("!la Chanson de
Roland!", 1838) et Altdeutsche Gespräche ("!Ancien dialecte
allemand!", 1851).
Les
frères Grimm s'intéressèrent également aux contes populaires allemands. Après
les avoir réunis à partir de différentes sources, ils publièrent ces contes
en deux volumes sous le titre de Kinder- und Hausmärchen, (Contes pour les
enfants et les parents, 1812-1829). Une nouvelle édition parut en 1857!;
elle contenait des histoires supplémentaires et devint le fameux livre intitulé
Contes de Grimm. Les frères Grimm travaillèrent ensemble sur nombre
d'autres ouvrages!; ils publièrent notamment en 1852 le premier volume du
monumental et classique Deutsches Wörterbuch (Dictionnaire allemand),
qui fut achevé par d'autres érudits en 1958.
Hans Christian Andersen (1805-1875)
Ecrivain
danois, qui, grâce à ses Contes pour enfants, incarna le génie populaire
nordique.
Hans
Christian Andersen naquit à Odense le 2 avril 1805, au sein d'une famille
pauvre et démunie. Il perdit son père à onze ans, et partit seul à quatorze
ans chercher fortune à Copenhague. Il fut tenté par le chant, le théâtre
puis la danse et travailla quelque temps pour le directeur du Théâtre Royal,
qui finança plus tard ses études.
Dès
1822, Andersen commença à publier ses premiers textes, et c'est avec un récit
fantastique inspiré par E.T.A. Hoffmann, Promenade du canal de Holmen à
la pointe orientale d'Amagre (1830), qu'il connut son premier succès. Par la
suite, il écrivit d'autres roman souvent autobiographiques et d'inspiration
romantique comme l'Improvisateur (1835), Rien qu'un violoneux (1837) ou Être ou
ne pas être (1857), mais aussi des Poèmes, des pièces de théâtre (Amour sur
la tour saint-Nicolai) et des récits de voyage tels que Bazar d'un poète
(1842) et Visite au Portugal (1866). On lui doit en outre plusieurs
autobiographies, une correspondance volumineuse et un imposant Journal.
Entre
1832 et 1842, il publia en brochures ses premiers courts récits merveilleux,
Contes pour enfants (1835), qu'il ne destinait d'ailleurs pas seulement à un
public enfantin. Le succès immédiat l'encouragea à poursuivre et à publier
chaque année d'autres textes, Nouveaux Contes (1843-1848) et Nouveaux Contes et
histoires (1858-1872). Il écrivit au total plus de cent cinquante contes, imprégnés
de romantisme et associant le merveilleux et l'ironie. Loin d'imiter ses prédécesseurs
dans le genre du conte (Perrault, Galland et Hoffmann, les frères Grimm),
Andersen, dont le style est remarquable par l'utilisation habile et équilibrée
du langage courant, des idiomes et des expressions populaires, sut admirablement
exprimer, dans une langue très simple, les émotions les plus subtiles et les
idées les plus fines, passant sans difficulté de la poésie à l'ironie, de la
farce au tragique. Ses contes mettent en scène aussi bien des rois et des
reines réels et légendaires que des animaux, des plantes, des créatures
magiques (sirènes et fées) et même des objets.
Parmi ses contes, les plus célèbres restent "le Vilain Petit Canard", "la Reine des neiges", "les Habits neufs de l'empereur" et "la Petite Sirène". Il mourut à Copenhague le 4 août 1875. Ses histoires, traduites en plus de quatre-vingts langues, connurent un succès durable et inspirèrent des écrivains, des metteurs en scène, des réalisateurs, des chorégraphes, des sculpteurs et des peintres.